La

La nuit

J'ai commencé à travailler de nuit à 20 ans, comme croupier. Je commençais à 20h et je terminais à 6h30, au petit matin.

Au début, c'est agréable. L'ambiance est différente, tu rentres chez toi quand les autres partent travailler, tu as le petit soleil du matin. C'est calme, c'est nouveau.

Et puis le temps passe, et tu t'aperçois que tu as de plus en plus de mal à dormir. Au début tu te dis que c'est passager, qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Sauf que ça ne s'améliore pas. Ça empire.

Je rentrais vers 7h, je fermais les volets, je me mettais au lit, et il ne se passait rien. Je restais là à attendre. Une heure, deux heures. Je finissais par m'endormir vers 9h, et à midi j'étais réveillé sans arriver à me rendormir. Trois heures de sommeil, et une nuit de boulot qui recommençait le soir.

Et le pire, c'est que je continuais à croire que le problème venait de moi.

Le déclic

Le déclic

Un après-midi où j'avais encore mal dormi, ma sœur a retrouvé des photos de nos dernières vacances ensemble. Ça datait de moins d'un an.

On les regardait tranquillement, et à un moment nos yeux se sont arrêtés sur la même image. On n'a rien dit ni l'un ni l'autre, mais on regardait exactement la même chose.

La personne sur la photo n'avait pas la même tête que celui qui était assis à côté d'elle. Le teint gris, les cernes. Cette tête-là. En moins d'un an.

Ce qui m'a marqué, c'est que je me voyais tous les jours dans le miroir et je ne l'avais jamais vu. Il a fallu cette photo, et ma sœur à côté de moi, pour que ça me saute aux yeux.

C'est là que j'ai compris que ça ne s'arrangerait pas tout seul.

Ce que j'ai

Ce que j'ai essayé

J'ai commencé par le plus évident, me mettre dans le noir. Rideaux occultants, volets fermés par-dessus, bouchons d'oreilles. Ma chambre ressemblait à une grotte. Mais j'avais toujours autant de mal à m'endormir.

Après j'ai essayé la mélatonine et les somnifères sans ordonnance quand je n'en pouvais vraiment plus. Ça aide, c'est sûr. Mais tu ne récupères pas vraiment de ta nuit, tu te réveilles dans le brouillard, et le pire c'est que tu commences à te demander si tu vas encore réussir à dormir sans.

J'ai testé le sport avant d'aller bosser, ça n'a rien donné. Les horaires fixes, même les jours de repos, pareil. Ne pas toucher mon téléphone au lit, les vitamines, le collagène, tout ce qu'on lit quand on cherche. Rien.

J'ai aussi testé des lunettes de soleil en rentrant. Je les mettais en sortant du casino et on me regardait bizarrement. J'ai senti des petites différences, mais pas assez.

Rien de tout ça n'était complètement inutile. Mais rien ne réglait le problème non plus.

Ce que j'ai

Ce que j'ai compris

À force de chercher, de lire des articles, de regarder des vidéos, je suis tombé sur une somnologue qui expliquait pourquoi les gens qui travaillent de nuit n'arrivent pas à dormir le matin.

Ce qu'elle disait était simple : ce n'est pas un manque de volonté, c'est physiologique.

La lumière que je prenais en sortant du casino, sur le trajet, dans ma cuisine, c'est elle qui disait à mon cerveau qu'il était l'heure de se lever. Ma mélatonine ne se déclenchait pas. Mon corps faisait exactement ce pour quoi il est programmé.

Je ne me battais pas contre ma faiblesse. Je me battais contre le jour.

Et là j'ai compris pourquoi mes lunettes de soleil m'avaient un peu aidé sans suffire. Elles assombrissent, mais elles ne filtrent pas. Le bleu et le vert passent quand même.

Le

Le Processus

Ce que je cherchais alors, c'était des lunettes capables de bloquer la lumière du jour pour ceux qui bossent la nuit. Pas de simples lunettes anti lumière bleue, pas des lunettes de soleil. Des verres pensés pour notre problème à nous.

Je voulais quelque chose de solide, qui serve vraiment à ceux qui en ont besoin. Alors nous avons passé des mois à étudier les verres et les matériaux, à envoyer des échantillons en laboratoire, à écarter tout ce qui ne filtrait pas assez. Beaucoup n'ont pas passé les tests.

Aujourd'hui, après des mois de travail, nous sommes fiers de pouvoir le dire : nos verres sont certifiés sur trois normes internationales, européenne, américaine et australienne. Le rapport de filtrage complet est disponible, chiffres à l'appui.

Circan

Ces lunettes n'existaient pas. Aujourd'hui, si.

Nous avons fait le choix de créer deux paires, parce que nous voulions couvrir toute la chaîne, du début à la fin du problème, pas seulement le moment du coucher. Le verre jaune pour tenir pendant le poste et sur la route. Le verre rouge pour t'endormir en rentrant.

Le tout avec des verres solides, une monture qui ne plie pas. Faites pour encaisser les allers-retours, le sac, les nuits qui s'enchaînent.

C'est comme ça qu'est né Circan. Deux paires de lunettes filtrantes pensées pour les travailleurs de nuit, qui coupent la lumière du poste jusqu'au lit. Un moyen simple de retrouver le sommeil quand le jour se lève. Sans cachet. Sans ordonnance. Sans effort.

Nous ne vendons pas un miracle. Le travail de nuit reste dur, et ça ne changera pas.

Mais si c'est la lumière qui vous empêche de dormir en rentrant, ça, on peut le régler.

Ilan
Croupier de nuit, fondateur de Circan